Histoire des dominicains a Nancy
Les dominicains à Nancy
Les dominicains s’installèrent en Lorraine dès 1221. Saint Dominique confia à Guerric de Metz la fondation d’un couvent dans sa ville natale, ce qu’il fit en accueillant des frères dans la maison de sa famille, comme l’avait fait à peine quelques années plus tôt Pierre Seihlan en 1215 à Toulouse, pour le premier couvent de l’Ordre des Prêcheurs. Suivirent les fondations de Verdun (1222), Toul (1245), Blainville-sur-l’Eau (1621) et enfin Nancy (1638). S’y trouvaient cependant déjà les moniales, depuis 1298, celles que l’on appelait les « Dames prêcheresses ». Le souvenir en reste dans la « rue des dames », sur le côté de la basilique Saint-Epvre. Ce monastère subsista jusqu’en 1790.
Quant au couvent de Nancy, sa fondation fut en effet tardive. C’est pleine guerre de Trente ans qui ravagea la Lorraine, que ce couvent fut érigé, suite à la prédication d’un frère de Paris, le Père Dominique Le Brun, venu prêcher l’Avent et le Carême. On fit don aux frères d’un terrain, rue Saint-Nicolas, devenue la « Rue des dominicains », que tous les Nancéiens appellent « Rue des doms ». Ce couvent portait le nom de « Notre-Dame de la Paix », vocable qui a été repris pour le couvent de la restauration.
C’est également suite à une prédication que le premier couvent dominicain d’après la Révolution put être fondé, à Nancy. Henri-Dominique Lacordaire prêcha 22 conférences à la Cathédrale de Nancy entre novembre 1842 et mai 1843, avec une affluence d’auditeurs. Thiéry de Saint-Beaussant, homme fortuné, artiste et membre de la « Société catholique nancéienne pour l’alliance de la Foi et des Lumières », lui offre une maison situé au 9 rue Sainte-Anne. Le 4 juin 1843, le Père Lacordaire en prend possession. L’Ordre des Prêcheurs est alors restauré en France, comme il en avait formulé le désir
Après avoir connu deux expulsions, en 1880 et 1903, le couvent a désormais son entrée dans la « Rue Lacordaire », avec une église néogothique construite à partir de 1846. Le vocable du couvent est « Notre-Dame du Chêne », dont la reproduction de l’icône se trouve dans l’église. La communauté compte dix frères engagés dans des ministères tant sur le diocèse de Nancy et de Toul que sur le diocèse de Metz et plus largement la diète du couvent : Lorraine, Champagne et Ardenne, où rayonne l’apostolat du Rosaire.
Pour en savoir plus :
– Raymonde Riff, « Le couvent Notre-Dame-du-Chêne à Nancy et la restauration de l’Ordre des Frères Prêcheurs », Le Pays Lorrain, décembre 2013, p. 353-362.
– Augustin Lafay, « Le rétablissement de l’Ordre des prêcheurs en France et la question de la liturgie dominicaine (1840-1872) », Liturgie et société, Gouverner et réformer l’Église, xixe-xxe siècle, Bruno Dumons, Vincent Petit et Christian Sorrel (dir.), 2016, p. 47-60.
